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A mon ami Philippe Bauduin, passionné et spécialiste du Jour J

Mis à jour : avr. 2

Témoin puis historien du Débarquement dont il était devenu un spécialiste incontesté, Philippe Bauduin nous a quittés le 1er septembre dernier. Il aurait beaucoup aimé vivre le 6 juin 2021.



Il ne s’en cachait pas.


Le Débarquement avait été le grand choc de sa vie quand, à 14 ans, il avait assisté, incrédule et émerveillé, au flot continu de soldats, de véhicules et de matériel sur la plage de Gold Beach, tout près de Ver-sur-Mer où il avait passé son enfance. De ce choc, à la fois sentimental, intellectuel et sensoriel, est née une inextinguible passion qu’il n’aura cessé d’assouvir tout au long de sa vie, jusqu’à sa disparition à l’âge de 90 ans.


Chercheur infatigable, scientifique de haut niveau, mais d’une modestie à toute épreuve, Philippe a beaucoup écrit sur les événements de cet été 1944, et notamment sur les aspects techniques et technologiques de l’opération Overlord. Il était aussi incollable sur les ponts démontables Bailey, que sur les sous-marins de poche X-20 et X-23, les balises Euréka, l’avion espion allemand à réaction Arado, l’équipement des plongeurs de la Royal Navy , le « Davis Submarine Escape Apparatus » (voir photo), ou encore les incroyables prouesses logistiques des Alliés pour acheminer en Normandie « l’or noir » (le pétrole) et « l’or rouge » (le sang).


En 2013, alors que je l’accompagnais dans l’un de ses nombreux projets éditoriaux, il m’a fait l’honneur de m’accorder sa confiance puis son amitié. Ensemble nous avons publié de nombreux articles dans les revues « 39-45 » et « Normandie 44 Magazine ». Et nous avons écrit deux livres, « Jour J ce qu’on ne vous pas dit, les secrets du Débarquement » et « Gold Beach », tous deux aux éditions Heimdal, et pour lesquels il avait sorti de sa « malle aux trésors » des documents de premier ordre, dont certains inédits.


De Philippe, il me reste le souvenir de nos travaux littéraires à quatre mains. Mais aussi celui de toutes ces heures passées à sillonner ensemble les plages du Jour J et l’arrière-pays dans les pas des libérateurs d’hier, ceux-là mêmes qui l’avaient fait monter sur leur char ou l’avaient mis au volant de leur camion.


Et le 6 juin prochain, j’aurai une pensée toute particulière pour lui quand sera inauguré le Mémorial britannique, chez lui à Ver-sur-Mer, et à la réalisation duquel il a apporté son expertise de passionné et de spécialiste du Jour J.

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